Latéralisation
Le bilan de la latéralisation manuelle fine : POURQUOI ?
Pour Mesker, « l'écriture est comme la parole, toujours un geste, un mouvement concernant tout notre corps » et il précise :
« Nous ne devons pas arrêter de penser que l'écriture doit servir la parole et non l'inverse. »
« Une bonne position de la main, du poignet, de l'avant- bras, du tronc, du cou avec une détermination exacte des points d'appui sur le sous-main et une bonne prise souple de stylo et de crayon, doivent être apprises à l'enfant ».
La maturation des fonctions visuelles, auditives et kinesthésiques, doit être suffisamment évoluée avant d’apprendre à écrire et à lire.
Nous voyons trop d’enfants, d’ados ou d’adultes souffrant d’un trouble de l’écriture lié à ce qui précède, auquel il faut ajouter un mauvais (voire absence) appui des pieds au sol et des poursuites oculomotrices plus ou moins anarchiques et inopérantes. Ils sont souvent « affalés » sur la table, ils mangent d’ailleurs très souvent de manière identique.
Ceci a des répercussions dans tous les domaines, tant au niveau des apprentissages que de la vie sociale, familiale, affective, intellectuelle.
Ce bilan, associé au bilan de phonosensibilité (acousticothérapie) et au bilan de nos collègues orthoptistes, permet de définir à quel stade de développement de la (ou des) fonction visée, le patient a été « arrêté » pour quelle que raison que ce soit. Au vu des résultats, nous proposons ou non une prise en charge.
La prise en charge de la latéralisation manuelle fine
Celle-ci se met en place ou non, en fonction de la motivation, des possibilités et disponibilités de la personne et/ou de son accompagnement.
Cela demande de la rigueur, les consignes sont très cadrées mais cela apprend à :
- découvrir ses propres capacités, - maîtriser le geste
- entrer dans le rythme de la parole et de l’écriture - travail avec métronome
- réfléchir avant de parler ou d’écrire,
- être dans son corps pour réaliser correctement ce que l’on a dans la tête
- travailler en amont afin de maîtriser la technique de l’écriture et l’intégrer dans les mémoires et les comportements.
Les exercices sont précis, incontournables et doivent être réalisés dans un ordre défini. (Pour réaliser une recette délicieuse, il nous faudra d’abord avoir une idée de la recette à réaliser, acheter les ingrédients ….)
Cette prise en charge demande de la disponibilité car 1 séance hebdomadaire avec le professionnel est nécessaire, associée à un travail quotidien à la maison.
Les familles sont de plus en plus « hyperactives », peu de temps de libre. Cela amène donc tous les partenaires à ajuster les fonctionnements de chacun afin de libérer l’espace et le temps.
Peu de patients abandonnent en cours de route car les progrès réalisés tant dans le geste graphique que dans l’écriture, justifient les contraintes et amènent des modifications et ajustements positifs dans leur vie quotidienne.
Commentaire d’une patiente adulte en fin de prise en charge, présentant une latéralisation manuelle fine artificielle et ne pouvant plus écrire avant la prise en charge en Ecoute Corticale et Corporelle (acousticothérapie et latéralisation manuelle fine) :
« Le tableau de Mesker perturbe (temporairement) tous les repères spatiaux installés bon gré, mal gré depuis l’enfance. C’est très déstabilisant émotionnellement.
Parler avant d’écrire est interdit partout sauf ici. Ici c’est obligatoire sinon les consignes et les mots se perdent en route. Maintenant, le temps est plus lent ».